Haiphong, 1 667 600 habitants. C'est le plus grand port du Nord Vietnam et la troisième ville la plus peuplée du pays. Haiphong fut aussi une des ville du Nord la plus bombardée durant les différentes guerres coloniales et américaines parce que c'est dans son port que venaient les bateaux soviétiques qui ravitaillaient les indépendantistes Nord - Vietnamiens.

Arrivés au port, nous avons été assaillis par des chauffeurs de taxi voulant nous emmener dans un des hôtels de la ville. Mais notre but était la station de bus car nous étions attendus à Ninh Binh, une réservation ayant été faite depuis Cat Ba la veille... Se seraient presque battus pour nous avoir dans leur taxi.... Durant le trajet, on nous raconte qu'il n'y a plus de bus pour la ville où nous désirons aller, qu'on connaît un hôtel pour la nuit etc. D'après ce que d'autres nous ont dit à la réception du SunFlower, nous devrions trouver le bus, alors, j'insiste pour  aller à la gare routière pour le Sud, Niem Nghia ! Ok... pas de problème malgré la mine renfrognée de la femme qui accompagne le chauffeur.

J'avoue que je ne croyais pas trop à leur histoire, pensant qu'ils avaient de l'argent à se faire en bonus en nous emmenant dans un hôtel de la ville. Ville dont vous avez quelques aperçus grâce aux images ci-dessus. Rien ici nous donnait envie d'y rester et, malheureusement, ce qu'ils nous ont affirmé était véridique: le prochain bus pour Ninh Binh partait le lendemain matin. Le chauffeur et sa femme, son accompagnatrice mais aussi celle qui contrôlait la caisse du taxi... jolie confiance mutuelle... ainsi que quelques autres personnes venues nous entourer, recevaient nos explications, expliquant notre désappointement et notre colère face aux mauvaises informations données à Cat Ba. Nous leurs avons aussi expliqué que nous étions attendus ce soir et qu'il nous fallait y aller, ne faisant pas de réservation à la légère. Ok! Pas de problème: vous voulez y aller aujourd'hui? Il est 14 heure, on va vous trouver quelqu'un, un frère ou un cousin, qu'importe, pour vous y emmener. Mais pour cela, il vous coûtera quand même quelques dizaines de dollars. 

Je ne me souviens plus quel a été leur prix au départ, mais j'ai quand même marchandé. Le chauffeur allait se faire un aller et retour, un parcours de 200 kilomètres en passant par une route secondaire que peu de touristes empruntent, une route que je désirais faire pour voir un peu ce côté du Vietnam. Nous nous sommes mis d'accord pour 60 dollars, ce qui est peu pour un trajet aussi long si nous faisions la comparaison avec ce que cela coûterait en Europe mais pour le Vietnam... Nous allions faire plaisir à deux familles d'Haiphong car tout restait organisé par la compagne du premier chauffeur qui a appelé quelqu'un de sa famille, tous autant mariés avec enfants etc. Trente au départ, trente à l'arrivée, telle a été leur demande. Ok.

Grands sourires de tout le monde, y compris de Mijo qui n'avait aucune envie de rester dans cette ville. Le chauffeur était jeune, ne parlait pas anglais, mais conduisait bien quoique parfois un peu vite, normal: il voulait sûrement retourner à la maison avant la nuit.

Il y avait assez peu de circulation sur cette route éloignée de la Nationale 1, l'"autoroute"qui traversait le Pays du Nord au Sud. Nous traversions des petites villes de provinces, des campagnes de rizières et de cimetières. Beaucoup, dans cette région, ont disparu dans les bombardements américains. Les rues de petites cités ne connaissaient pas la circulation d'Hanoi et nous les passions rapidement quoique à une vitesse ne dépassant pas les trente kilomètres à l'heure, les contrôles étant fréquents, les amendes assez chères car tous les conducteurs de voitures, de bus ou de camions se faisaient des signes pour avertir si, oui ou nom, il y avait contrôle dans la direction vers où ils allaient. Une gestuelle permanente entre les chauffeurs qui montrait une solidarité assez étonnante entre eux.

Autours de quelques villes, des usines. De ces usines sont sorties des marées de jeunes cyclistes roulant dans tous les sens, nous arrivant parfois totalement à contresens. De jeunes ouvrières d'usines en fin de journées, papotant tranquillement entre elles sans tenir compte des véhicules qui leurs arrivaient par derrière en klaxonnant pour qu'elles se mettent de côté. Se mettre de côté? T'oublies... À nous donner quelques frissons. C'est beau la confiance. Ou l'inconscience. Ou l'indifférence...

Après quelques cimetières des Héros de la guerre d'indépendance nationale et d'autres, catholiques ceux-là, il y avait pas mal de clochers d'églises chrétiennes qui surmontaient les toits de villages disséminés dans la région, un souvenir des français peut-être qui sont venus jadis avec leurs missionnaires.

Enfin, quelques heures après, juste avant le crépuscule, la voiture s'est arrêtée à Ninh Binh, juste à la porte de l'hôtel où nous étions attendus. De là, nous avions l'intention de nous balader dans les paysages dont vous voyez un aperçu ci-dessous: au coeur de la "baie d'Along des rizières"...

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