La nuit a été longue sur la Nationale 1. Le trajet entre Ninh Binh et Hué s'est passé comme dans une sorte de rêve: somnolant à moitié, les yeux s'ouvrent parfois sur un long coup de klaxon et on se trouve comme brusquement plongé dans un kaléidoscope de lumières, de culs de camions ou de cabines de chauffeurs au visage un peu crispé. Les véhicules ne cessent de se frôler en se croisant ou en se dépassant.

Nous traversons des campagnes sans aucune lumière, des villages obscures, des petites villes bien loin de s'éveiller. Parfois, au loin sur notre gauche, nous pouvons apercevoir les lumières vives des bateaux de pêche. Nuit viet en bord de bus touristique... Les conducteurs qui se relaient à chaque halte, une en 11 heures de route, conduisent aussi vite que bien mais je crois pas qu'ils pourraient réussir un examen de conduite du type que les européens doivent subir avant de prendre place derrière un volant. Ici, tu avances en évitant tout ce qui se présente, tu joues du  klaxon pour passer et tu respires quand tu arrives à destination: les dieux ont été encore bons cette fois-là !

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Nous étions arrivés dans le Sud sans nous être vraiment intéressés par la DMZ ou la région de ce qui avait été le front de guerre, la ligne de démarcation entre Nord et Sud au temps de la "guerre du Vietnam": nous n'étions pas des américains en pèlerinage et étions plus intéressés par la culture que par ce chapitre sanglant de l'histoire du pays. Nous avions décidé de ne pas "perdre" du temps sur des cratères de bombes ou d'anciennes bases militaires abandonnées qu'elles soient en plaine ou en jungle. Ce sera pour une autre fois peut-être.

Arrivés à Hué, le bus stoppe devant un hôtel chinois dont le personnel veut absolument nous faire prendre une chambre dans ce bâtiment situé à un carrefour bruyant et, après avoir jeté un coup d'oeil sur le plan de la ville, bien loin du fleuve et du vieux quartier où nous avons réservé une chambre la veille depuis Ninh Binh.

Le désavantage ou le contraire pour d'autres voyageurs, c'est que la compagnie de bus nous prend là où nous avons logé et nous dépose devant un lieu d'hébergement appartenant à leur réseau dans tout le pays. Ils font un peu la grimace quand nous refusons la chambre qu'ils proposent et, souvent, les patrons de ces hôtels grondent leur personnel quand aucun d'entre eux ne réussit à nous convaincre. Nous avons fait demander un taxi car nous étions attendus.

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